• Services: Développement durable, Gestion de l'eau, Conception et planification urbaine, Architecture, Conception architecturale, Architecture paysagère, Planification et développement durable, Planification globale, Ingénierie, Génie civil, Ingénierie MEP, Conseil stratégique en environnement, Planification environnementale, Solutions pour l'eau

La réponse chinoise à la problématique de l’eau : des villes-éponges dans tout le pays

Wuhan, Chine - Si la Chine est un pays particulier, il n’en demeure pas moins qu’elle connaît les mêmes problèmes que bon nombre de pays européens, notamment lorsque l’on évoque les risques d’inondations. Tout comme en Belgique, les eaux fluviales du pays sont déversées dans les rigoles, les réseaux d’égouts et les cours d’eau qui parfois sortent de leur lit. La gestion des pluies, des cours d’eau est si catastrophique en Chine qu’en juillet dernier, 150 personnes ont perdu la vie au centre et au nord du pays après de violentes pluies.

La croissance de la population chinoise rend le thème de la « city resilience » prioritaire

La Chine enregistre une croissance démesurée de la population de ses villes. C’est la raison pour laquelle la « city resilience » et l’endiguement des risques liés au climat prennent de plus en plus d’importance dans tout le pays. Les inondations, canicules, sécheresses, pénuries d’eau et la pollution de l’air constituent des menaces pour le pays.

La végétation des villes absorbe l’eau

Pour la gestion de l’eau, une solution a déjà été trouvée : les scientifiques et politiciens se sont ralliés à l’idée des « villes éponges ». Un concept intelligent doté d’un nom évocateur ; il existe en effet d’autres manières de stocker et d’utiliser l’eau excédentaire que de la transporter via une rigole afin qu’elle se déverse ensuite dans une rivière prête à déborder. Il suffit en effet de laisser la ville « absorber l’eau » – comme une éponge.

Comment la ville peut-elle devenir une éponge?

Dans une ville-éponge, l’environnement naturel - les pelouses, les toits verts, les parcs - contribuent à augmenter l’absorption et l’assainissement de l’eau. L’eau s’achemine moins vite de l’espace vert vers les rigoles et les égouts car elle est retenue ou elle s’infiltre dans le sol. Cependant, pour y parvenir, ces espaces de nature doivent être présents ; et c’est précisément ce que veulent stimuler les autorités chinoises aujourd’hui.

Un programme national en Chine

Dans le cadre d’un programme national, un budget important a été débloqué dans différentes villes pour mettre en place de nouvelles mesures. L’une d’entre elles consiste à remplacer les matériaux imperméables dans les projets d’infrastructure et les bâtiments par des matériaux verts et naturels. De plus, les différents cours d’eau (fleuves, rivières) devront être reliés afin de mieux être gérés grâce à la technique des vases communicants et ainsi éviter l’afflux incontrôlé d’eau.

Arcadis travaille actuellement sur un projet de ville éponge à Wuhan, une ville de plus de 10 millions d’habitants dans le centre de la Chine. WenMei Ha, directeur de la division Eau pour Arcadis en Chine parle d’un « programme dense et ambitieux ». « Le programme comprendra 3 volets : une nouvelle méthode de conception de l’ensemble des bâtis, la rénovation du système existant d’évacuation et des solutions pour l’évacuation de volumes d’eau très importants. Combinées, ces mesures aideront Wuhan à mieux résister aux inondations. »

Un coup d’éponge, en Belgique aussi?

La problématique est bien connue chez nous aussi : les surfaces goudronnées et asphaltées ne cessent de croître. Notre système de gestion de l’eau lui vise en principe à capter et évacuer les eaux, cependant il n’est plus adapté et lors de fortes pluies, il y a des inondations. Par ailleurs, les différents cours d’eau ne peuvent plus faire face à toute cette eau en cas de pluies violentes. Un problème local qui prend aujourd’hui une ampleur nationale.

L’approche de la Chine est donc intéressante et mérite toute notre attention. Nos administrations locales prennent des initiatives, avec des plans d’actions et des mesures pour un urbanisme résistant aux intempéries. Arcadis travaille sur le sujet pour la zone industrielle du canal Albert à Anvers (administrations locales et province) mais aussi pour la ville de Gand. Cependant, une initiative fédérale ou régionale se fait attendre.