Comment contrecarrer la faible croissance du secteur de la construction ?

Arcadis a publié son rapport 2014 sur les côuts de construction dans 43 pays du monde. La Belgique continue à occuper la 10e place du classement des pays les plus chers, contrairement à certains de ses voisins qui sont montés à un échelon supérieur. Arcadis a voulu comprendre pourquoi les coûts n’ont pas évolué dans notre pays et propose des moyens de contrer les effets de la stagnation.

Le rapport d’Arcadis associe l’évolution des coûts de construction à la fluctuation des devises, aux prix des matières premières et à la croissance économique. Ce facteur est déterminant pour l’Europe de l’Ouest puisque la reprise économique dans la zone euro est actuellement limitée. Or, il ressort de l’étude que le coût de réalisation des projets de construction a augmenté dans de nombreux pays d’Europe de l’Ouest, comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Et l’on observe que la demande de projets de construction a augmenté dans les pays qui ont connu une reprise économique l’an dernier, celle-ci permettant aux entrepreneurs d’augmenter leurs prix. La Belgique toutefois, tout comme en 2013, conserve la 10e place du classement. Pourquoi donc ne suit-elle pas la même tendance ?


Causes multiples

Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’épuisement de la demande de nouvelles constructions dans notre pays :

  • Le secteur public souffre d’un manque de ressources financières. Après avoir subi une régression, le nombre de marchés publics ne connaît qu’une très légère hausse.
  • La construction d’immeubles de bureaux est quasi interrompue. D’une part, parce que les promoteurs considèrent ce type de projet comme étant trop risqué à cause de la crise. D’autre part, parce que les entreprises s’orientent vers des environnements de travail plus flexibles et exigeant moins d’espace.
  • Enfin, l’immobilier commercial est sous pression en raison du boom de l’e-commerce en Belgique.
Ces évolutions mettent le secteur de la construction à rude épreuve. La faible demande de projets se traduit par une guerre des prix pour les bureaux d’études et les entrepreneurs, au détriment des marges bénéficiaires.

Moyens d’action

Comment y faire face ? Des solutions s’offrent aux acteurs de la construction pour se protéger des effets de la crise et dégager des chiffres de croissance sains :

  • Puisque les pouvoirs publics manquent de fonds et recherchent des sources de financement alternatives pour leurs travaux d’infrastructures, s’engager dans des partenariats public-privé constitue une opportunité.
  • En tant que promoteur, entrepreneur ou consultant, vous pouvez diversifier vos activités. Ce, par exemple en vous tournant vers la transformation et la rénovation du parc immobilier existant, qui offre plus de perspectives de croissance en Belgique que la construction de nouveaux bâtiments.
  • Enfin, les marges bénéficiaires des projets peuvent être renforcées par une approche judicieuse. Lors de l’élaboration d’un projet, il s’agit de déterminer les principaux postes de coûts et de rechercher toute optimalisation. Cette pratique, appelée également value engineering, s’efforce d’allier qualité et construction meilleur marché grâce à une conception plus ingénieuse. Résultat final ? La totalité des coûts d’un projet peut être revue à la baisse. Cette tactique peut s’appliquer à n’importe quel moment du cycle du projet, la règle d’or restant toutefois : le plus tôt sera le mieux.
En somme, les défis lancés au secteur de la construction, plutôt que d’être perçus comme une entrave, peuvent être considérés comme une occasion de répondre aux nouveaux besoins du marché en adoptant une attitude de résistance et de créativité face à la crise.

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