Nous devons combiner la résilience et la durabilité pour réagir effectivement à cette crise

Le COVID-19 ou coronavirus a notamment démontré que la "durabilité" et la "résilience" ont beaucoup en commun mais ne sont pas identiques.

Il est impossible de surestimer l'urgence avec laquelle nous devons résoudre cette crise.

Les dernières semaines, la qualité de l’air s’est considérablement améliorée dans le monde entier. L'air en Chine, normalement très pollué, s'est assaini. Dans le monde entier, les émissions de CO2 et d'autres gaz à effet de serre (GES) ont été réduits de manière drastique car les industries, y compris les compagnies aériennes, ont cessé leurs activités. Dame nature a eu une chance de se rétablir, au cours de ce qui sera, nous l'espérons tous, une perturbation de courte durée sans précédent, de nos vies normales.

Mais cette période a également démontré que le monde manque cruellement de résilience face aux pandémies. Nos villes, nos communautés, nos industries et nos services publics sont soumis à une pression énorme. Dans de nombreux pays, nos systèmes de santé publique ont atteint ou, dans le cas de l'Italie du Nord, dépassé le point de rupture. Partout dans le monde, les gens vivent dans la peur et une récession mondiale de l’économie est malheureusement inévitable.

Il est impossible de surestimer l'urgence avec laquelle nous devons résoudre cette crise. Cela nécessite toute notre volonté, l'esprit d'entreprise et une action gouvernementale importante. Parallèlement aux efforts déployés pour arrêter la propagation du virus et aux recherches pour trouver des traitements (et éventuellement un vaccin), nous devons nous attaquer aux conséquences économiques écrasantes et garder la continuité des activités pour minimiser les conséquences.

Cette volonté de ramener les choses à la normale le plus rapidement possible risque de faire perdre l'attention que le public et les politiques accordent à la durabilité. Les problèmes de durabilité passeront probablement au second plan, car notre santé physique et économique est désormais la priorité absolue. Mais comme l'amélioration de la résilience de nos institutions sera certainement un élément fondamental de notre reprise économique, nous ferions bien d'examiner comment combiner la résilience et la durabilité, sinon nous risquons de gaspiller les avantages actuels qui ont été créés pour la planète.

Certaines mesures de résilience vont très clairement de pair avec la durabilité. La mondialisation a été une aubaine économique, mais cette crise nous fait comprendre que nous sommes peut-être trop dépendants des produits provenant de différents pays de la planète. Ainsi, stimuler l'offre et la demande de produits cultivés ou fabriqués localement peut rendre les communautés plus résilientes tout en créant l'avantage de la durabilité en réduisant des émissions de GES liées au transport.

Mais les choses se compliquent lorsque l'on pense à d'autres questions, par exemple la manière de rétablir le transport aérien tout en réduisant les émissions de ce secteur. Il n'y a pas de réponse simple, mais cette crise offre des possibilités : une opportunité de transition vers une industrie aérienne plus durable et plus rentable. Pour être clair, je souligne simplement le fait que le moment est venu pour nous de réfléchir à ces choses. Au moment où l'industrie aérienne est sous pression, il pourrait y avoir une discussion approfondie sur les moyens de s'efforcer d'obtenir de meilleurs résultats environnementaux. Il est peut-être temps de s'attaquer à la concurrence sur les prix qui fait que, dans de nombreux cas, il est bien moins cher de prendre l'avion que le train. L'industrie pourrait-elle profiter de cette occasion pour améliorer la résilience et la durabilité ?

Quelles mesures peuvent être prises au-delà des efforts actuels en matière de biocarburants et de compensation des émissions de carbone ? Alors que nous travaillons pour nous remettre de la pandémie COVID-19, nous serions négligents de ne pas nous poser ces questions, et bien d’autres, difficiles.
Par exemple, comment pouvons-nous relancer la production industrielle tout en réduisant les émissions de GES et les déchets ?
Ou encore, comment pouvons-nous contrôler ou réguler le tourisme dans des lieux qui sont envahis par les visiteurs, ce qui diminue la qualité de vie des résidents ou nuit à la nature ?
Et il y a énormément de questions comme celles-ci que nous devons examiner maintenant.
Cela dit, il y a des questions pour lesquelles nous avons déjà des réponses.
Pouvons-nous réduire radicalement les voyages d'affaires ?

Oui, nous le pouvons. Nous sommes clairement capables de travailler à distance de manière numérique et de nous connecter à l'aide d'Internet. C’est le cas notamment pour les réunions internes mais aussi pour les réunions avec des clients, dont beaucoup se déroulent actuellement de manière numérique. Dans le passé, certaines organisations et leurs clients n’ont pas voulu renoncer aux réunions de visu. Peut-être cette crise nous apprendra-t-elle que beaucoup de ces réunions peuvent se faire à distance. Les entreprises qui réduisent leurs déplacements deviendront plus résilientes et plus rentables, car voyager moins est meilleur pour la santé physique et mentale des employés et permet de gagner beaucoup de temps que nous pouvons utiliser pour d'autres activités. Cela rendra également l'entreprise plus durable.
Mais ceux d'entre nous qui travaillent dans le génie civil ont leurs propres questions à se poser. Un sujet intéressant à explorer est la manière dont nous pouvons rendre nos efforts d'adaptation au climat plus durable.

Un exemple serait l'utilisation de sources d'énergies renouvelables (solaire et éolienne) pour alimenter les stations de pompage et de drainage qui protègent les villes des inondations. Un autre domaine concerne l'amélioration de l'habitabilité des villes et des communautés, qui est l'un de nos principaux objectifs chez Arcadis. Il s'agit notamment de rendre ces environnements plus intelligents, plus résilients et plus écologiques (durables).
Mais que signifie l'épidémie du coronavirus pour la conception et l'aménagement des espaces publics, des lignes et des nœuds de transports publics, des bâtiments et autres ? Devrions-nous chercher à cloisonner davantage les villes afin de réduire l’interaction entre les personnes en public et de permettre aux autorités locales de fermer rapidement les zones en cas de contamination ? Cela pourrait rendre une ville plus résistante aux futures pandémies, mais comment cela affecterait les autres aspects de l'habitabilité et durabilité de la ville ?
 
Nous avons tous beaucoup à considérer.

 

Piet Dircke

Global Leader – Resilience and Water Management +31 (0)43 3523 392 Posez-nous votre question
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