• Point de vue

City Information Modeling : beaucoup de promesses mais il reste du chemin à parcourir!

Alors que le CIM (City Information Modeling) offre un immense potentiel pour nos villes – particulièrement avec l’essor des outils de gestion intelligents de la ville la réalisation de ce potentiel ne peut venir qu’avec un engagement des différents parties prenantes aux décisions de conception et une rigueur organisationnelle dans le déroulement des projets urbains.

Nils Kalfa

Ingénieur aménagement urbain Posez-nous votre question

Le CIM (City Information Modeling), déclinaison à l’échelle urbaine du BIM (Building Information Modeling) est une technologie encore peu utilisée en France qui a énormément de potentiel pour nos villes.

Il s’agit de la création de bases de données orientées objet 3D à l’échelle d’un quartier, d’une ville ou encore d’un territoire. En d’autres termes, une maquette numérique composée d’objets paramétrés pour donner une multitude d’informations sur les composantes de l’espace urbain : voirie, réseaux urbains (eau, énergie, télécommunications, éclairage, assainissement, wifi), végétaux, gestion des eaux pluviales, gestion des déchets, mobilier urbain, bâtiments…

Le CIM est précieux car il permet une excellente compréhension d’un projet urbain par sa visualisation dans son contexte. Les responsables de projet auront à leur disposition une base de données complète, structurée et fiable de tous les objets qui constituent son le projet urbain. Alors que les enjeux smart city sont en pleine croissance, le CIM est un support essentiel à la gestion des informations de l’espace public dans le cadre la gestion urbaine. Il permet de faire vivre et évoluer l’information urbaine à chaque étape d’évolution de la ville.

Le CIM constitue également un atout fort de prise de décision faisant participer tous les acteurs d’un projet, maître d’ouvrage, ingénieur, architecte, paysagiste, promoteur immobilier mais aussi habitants et usagers. Il peut être utilisé en phase conception, construction, exploitation. Aussi, il propose d’énormes avantages dès la programmation d’un projet. Sa représentation claire et précise permet de communiquer efficacement autour du projet et ce même lors de concertation publique, en facilitant ainsi l’implication  des riverains.

La complexité du CIM peut être illustrée par  un puzzle dans lequel chaque pièce correspond à une maquette métiers avec ses propres caractéristiques, usages, objectifs… L’enjeu est donc d’assembler toutes ces pièces pour former un modèle unique.

Concrètement, les ingénieries VRD peuvent contribuer à une maquette métier pour la voirie et les réseaux, les paysagistes, urbanistes et les architectes apporteront des maquettes comportant des éléments sur les espaces publics, le mobilier urbain, et les végétaux et les promoteurs fourniront la maquette des lots construits.

Aujourd’hui les connaissances des méthodes, processus et surtout outils du CIM sont très hétérogènes au sein des acteurs de la construction urbaine. Ceci constitue un véritable frein au déploiement du CIM.

Un effet de cet écart de maturité CIM entre les participants au processus engendre une multiplication des échanges d’informations et des reprises inutiles. Par exemple, dans le cas où l’architecte ou le paysagiste, ne possède pas la compétence pour réaliser la maquette numérique définissant le nivellement – élément primordial dans les choix techniques d’un futur projet urbain –, il a  recourt à l’ingénierie pour faire la modélisation ce qui induit de nombreux allers-retours.

Une autre difficulté causée par cette différence de maturité est la fourniture de bases de données incomplètes. Dans d’autres cas, certaines maquettes ne sont tout simplement pas fournies par manque d’implication d’intervenant dans le processus collaboratif. Cela peut rendre impossible les usages CIM et empêche l’atteinte de certains objectifs.

Travailler suivant le CIM Niveau 2 dans la configuration optimale – où l’acteur qui porte un sujet en assure la modélisatione – garantit un gain de productivité dans les études et réduit les erreurs et inexactitudes de la maquette. Le projet sera réalisé sur des bases solides grâce à la coordination métier mise en place entre les intervenants via la maquette numérique CIM.

Travailler en CIM pour un projet urbain exige des connaissances solides de matérialisation des données liés aux cœurs de métiers, une totale implication de l’ensemble des contributeurs mais aussi une coordination fine. L’établissement d’un tel processus CIM permettrait à chaque acteur d’effectuer directement ses études via des bases de données orientées objet 3D, puis d’échanger sur des sujets communs à travers l’association de plusieurs maquettes numériques urbaines.

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Nils Kalfa

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