Pont sur le Rhin - Renforcement de Strasbourg en tant que pierre angulaire entre la France et l'Allemagne

Cet ouvrage, réalisé dans le cadre d’une consultation pour la conception et la réalisation du pont a été remportée en décembre 2012 par un groupement dont Arcadis a assuré le pilotage de la conception et la maîtrise d’œuvre intégrée.
Le pont offre une liaison transfrontalière multimodale : voie piétonne, voie cyclable et tramways. 

D’une longueur de 290 mètres et large de 16 mètres, ce pont est un ouvrage d’art de type bow-string (en arc auto-ancré) et est sous-jacent aux travaux d’extension de la ligne D du tramway de Strasbourg vers Kehl (Allemagne). 
Il permettra de développer les liaisons transfrontalières, de diminuer la circulation routière existante tout en améliorant le confort et la sécurité de la mobilité piétonne, cycliste et ferroviaire urbaine. Les rives du Rhin s’en trouvent, par ailleurs, valorisées. D’une hauteur optimisée pour s’intégrer dans le paysage des berges du Rhin, l’altimétrie du pont répond aux contraintes de la circulation fluviale.

« Ce n’est pas tous les jours que l’on construit un pont vers l’Allemagne », commente Alain Fontanel, Président de la Compagnie des Transports Strasbourgeoise. « Ce pont est un symbole européen pour la ville de Strasbourg, un signe important pour la notoriété de l'Eurométropole, un temps fort d'un projet d'une ville qui se construit à 360° et qui ne fait plus dos à l'Allemagne ».
« Pour répondre aux exigences du Planfeststellungsverfahren (autorisation de travaux en Allemagne) et dans un souci de maîtrise des coûts, nous avons opté pour un appel d’offres de marché de conception/réalisation » précise Alain Giesi, Directeur Général Adjoint de la Compagnie des Transports Strasbourgeois. « Cette consultation comprenait également la pose de la voie ferrée sur l’ouvrage compte tenu de l’interaction entre celle-ci et le tablier ».

« Le groupement a dû y répondre en moins de 4 mois avec des propositions et une offre forfaitaire pour le prix de l’ouvrage », déclare Didier Guth, directeur métier Génie Civil et Ouvrages d'art chez Arcadis. « Le travail en synergie avec d’autres entreprises a été très challengeant. Cela a permis d’intégrer d’autres savoir-faire, de penser différemment et nous a obligé à prendre les décisions très vite en faisant preuve d’une grande souplesse et flexibilité. »

Etapes de conception du pont
Pendant la phase de réponse de l’appel d’offres, Arcadis et Marc Barani Architectes ont proposé un pont bow-sting avec un arc central, solution qui constituait la meilleure option pour relier l’Allemagne et la France avec deux voies de tramway, une voie dédiée aux piétons de 2,00 m et une piste cyclable de 2,50 m de large.
Ensuite, Arcadis a poursuivi sa mission en finalisant la conception, en particulier en affinant les différents calculs de la conception et enfin la gestion de sa finalisation.

Une réponse apportée à certaines contraintes techniques grâce à la synergie internationale d’Arcadis
Pour réaliser la pile dans le Rhin, afin que les ouvriers puissent travailler au sec, un batardeau (barrage provisoire destiné à retenir l’eau dans un espace donné) a dû être mis en place. Parallèlement, la fabrication des deux tabliers métalliques composant le pont a intégralement eu lieu en Belgique puis les tabliers ont été transportés sur site par voie d’eau. Un fois arrivés à Strasbourg, les deux tabliers en acier, dont le poids total atteint les 3 000 tonnes, ont été déchargés sur la berge et posés sur des appuis provisoires. Cette pose a nécessité, de prévoir, plusieurs mois en amont, l’arrêt du trafic sur le Rhin durant une journée, fleuve pourtant le plus exploité en Europe pour la circulation fluviale de marchandises.
 
Arcadis a fait appel à ses experts hollandais pour leurs compétences en amarrage, ingénierie navale ainsi qu’à leur savoir-faire dans le domaine ferroviaire. Arcadis Allemagne a réalisé les études des soutènements côté allemand, dans le prolongement de l’ouvrage. 

 « En tant que maître d’œuvre, Arcadis était en charge de la conception, du visa des études et du pilotage de suivi de travaux », conclut Boris Gosselin, chef de projet chez Arcadis.

Pour cet ouvrage, le groupement est composé de Bouygues TPRF, Victor Buyck Steel Construction, Lingenheld SA, Schleith, Marc Barani architectes et Arcadis.

Crédits photos : Victor Buyck Steel Construction et Cyrille Thomas/Atelier Marc Barani